Le plan d'épargne retraite (PER), créé par la loi Pacte, existe sous deux formes : le PER bancaire, ouvert sous forme de compte-titres, et le PER assurantiel, souscrit auprès d'un assureur sous la forme d'un contrat d'assurance de groupe. C'est ce second format que nous détaillons ici. Son principe tient en une phrase : on déduit aujourd'hui, on est imposé demain. Tout l'enjeu est de comparer ces deux moments.
Comment fonctionne un PER assurantiel ?
Le PER comporte jusqu'à trois compartiments : les versements volontaires que vous effectuez vous-même, l'épargne salariale (intéressement, participation, abondement) et les versements obligatoires d'un régime d'entreprise. Ce guide porte sur le premier, le plus courant pour un particulier ou un indépendant.
L'épargne est placée sur un fonds en euros et/ou des unités de compte, avec par défaut une gestion pilotée qui réduit progressivement la part des supports risqués à l'approche de la retraite. Elle est en principe bloquée jusqu'au départ en retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Combien peut-on déduire de ses revenus ?
Pour un salarié, les versements volontaires sont déductibles du revenu global dans la limite d'un plafond égal à 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, nets de frais, limités à 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Un plancher égal à 10 % du PASS s'applique pour les faibles revenus. Pour les versements de 2026, calculés sur le PASS 2025 de 47 100 €, le plafond va donc de 4 710 € à 37 680 €, diminué des sommes déjà déduites à d'autres titres (cotisations de retraite supplémentaire d'entreprise, par exemple). Votre plafond personnel figure sur votre avis d'impôt.
Pour un travailleur non salarié, la déduction se fait sur le bénéfice professionnel, selon un plafond spécifique plus élevé : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS.
Les plafonds non utilisés sont reportables sur les années suivantes (la durée de report a été portée de trois à cinq ans par la loi de finances pour 2025), et les couples mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds. Les règles de déduction font l'objet d'ajustements réguliers en loi de finances : vérifiez celles applicables l'année de votre versement.
Exemple illustratif
L'effet de la déduction selon la tranche marginale
Hypothèse : un versement de 5 000 €, entièrement déductible.
Avec une tranche marginale d'imposition de 30 %, l'impôt sur le revenu baisse d'environ 1 500 € l'année du versement. Avec une tranche de 11 %, l'économie n'est que d'environ 550 €. Le même versement n'a donc pas le même intérêt selon les revenus.
Chiffres illustratifs, sur des hypothèses simplifiées : ils ne préjugent ni d'un rendement ni de votre situation.
Faut-il toujours déduire ses versements ?
Non. Vous pouvez renoncer à la déduction, versement par versement. C'est pertinent si votre taux marginal est faible aujourd'hui et risque d'être plus élevé à la retraite, ou si vous n'êtes pas imposable. Les versements non déduits ne seront pas imposés à la sortie : seuls les gains le seront. Le choix doit être fait au moment du versement, et il conditionne toute la fiscalité de sortie.
Comment est imposée une sortie en capital ?
À la retraite, vous pouvez récupérer votre épargne en une fois ou de manière fractionnée. Pour les versements volontaires déduits :
- la part correspondant aux versements est soumise à l'impôt sur le revenu au barème progressif, sans abattement de 10 % ;
- la part correspondant aux gains est soumise au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % (ou au barème sur option) et aux prélèvements sociaux au taux en vigueur.
Pour les versements non déduits, la part de versements est exonérée et seuls les gains sont imposés, selon les mêmes règles. Fractionner la sortie sur plusieurs années permet de lisser l'impôt sur la part de versements, dont le poids dépend de vos autres revenus.
Comment est imposée une sortie en rente ?
La rente viagère est versée jusqu'au décès, avec le cas échéant une réversion au conjoint si vous l'avez choisie.
- Issue de versements déduits, elle est imposée comme une pension de retraite : au barème, après l'abattement de 10 % propre aux pensions. Les prélèvements sociaux portent sur une fraction de la rente qui dépend de votre âge au premier versement.
- Issue de versements non déduits, elle relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, d'autant plus faible que vous êtes âgé à l'entrée en jouissance (70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans).
Peut-on débloquer son PER avant la retraite ?
Oui, dans six situations : l'achat de la résidence principale (pour les versements volontaires et l'épargne salariale), et cinq « accidents de la vie » : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité (de vous, d'un enfant ou du conjoint), surendettement, expiration des droits à l'assurance chômage, et cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
En cas d'accident de la vie, la part de versements et les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux étant dus sur les gains. Le déblocage pour l'achat de la résidence principale suit en revanche la fiscalité d'une sortie en capital.
Que devient le PER au décès ?
C'est l'un des atouts du format assurantiel : en cas de décès avant le dénouement, les capitaux sont versés aux bénéficiaires désignés et suivent la fiscalité de l'assurance vie. Avant 70 ans, l'article 990 I s'applique, avec 152 500 € d'abattement par bénéficiaire ; après 70 ans, l'article 757 B. Le PER bancaire, lui, est réintégré dans la succession.
À retenir
- Le PER assurantiel est un contrat d'assurance : l'épargne est en principe bloquée jusqu'à la retraite.
- Salarié : déduction dans la limite de 10 % des revenus professionnels, entre 4 710 € et 37 680 € pour les versements 2026.
- L'économie d'impôt dépend de la tranche marginale : à comparer avec l'imposition future à la sortie.
- Sortie en capital : versements déduits au barème, gains à 12,8 % plus prélèvements sociaux.
- Au décès, le PER assurantiel bénéficie de la fiscalité de l'assurance vie (990 I ou 757 B).
Où aller ensuite sur le site ?
- Simulateur PER : estimer l'économie d'impôt
- Notre page PER : contrats et accompagnement
- Simulateur retraite
- Assurance vie : fonctionnement et fiscalité
- Prévoyance des indépendants et loi Madelin
- Prendre rendez-vous avec un conseiller
KN Patrimoine & Assurances est courtier en assurance (COA, ORIAS 25009835). Le cabinet n'est pas conseiller en investissements financiers et ne délivre pas de conseil fiscal ou juridique : les règles rappelées ici sont générales et doivent être vérifiées au regard de votre situation.
