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Épargne

Assurance vie : fonctionnement et fiscalité, ce qu'il faut savoir en 2026

Versements, supports, rachats, transmission : la mécanique complète d'un contrat d'assurance vie et les règles fiscales qui s'y appliquent, expliquées pas à pas.

Par Kevin Jarmoune, Cogérant, KN Patrimoine & Assurances · Publié le

L'assurance vie est souvent présentée comme un placement. Juridiquement, c'est un contrat d'assurance : vous versez des primes à un assureur, qui s'engage à verser un capital ou une rente, à vous de votre vivant ou aux bénéficiaires que vous avez désignés à votre décès. Cette double nature explique l'essentiel de ses règles, notamment fiscales. Ce guide reprend le fonctionnement d'un contrat, puis la fiscalité des rachats et celle de la transmission.

Comment fonctionne un contrat d'assurance vie ?

Quatre personnes ou entités interviennent : le souscripteur, qui signe et verse ; l'assuré, sur la tête duquel repose le contrat (le plus souvent le souscripteur lui-même) ; l'assureur, qui gère les fonds ; et le ou les bénéficiaires en cas de décès, désignés dans la clause bénéficiaire.

Vous alimentez le contrat par un versement initial, puis par des versements libres ou programmés. L'argent est réparti entre deux grandes familles de supports :

  • le fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur (hors frais, selon les contrats) et dont les intérêts, une fois inscrits au contrat, sont définitivement acquis ;
  • les unités de compte (fonds actions, obligataires, immobiliers, etc.), dont la valeur évolue à la hausse comme à la baisse : le capital n'est pas garanti.

L'argent reste disponible : vous pouvez effectuer un rachat partiel ou total à tout moment, sauf clause particulière ou acceptation du bénéfice par un bénéficiaire. Certains contrats proposent aussi une avance, sorte de prêt consenti par l'assureur sur la valeur du contrat, qui n'est pas un rachat.

Quels frais faut-il regarder avant de souscrire ?

Les frais pèsent directement sur le résultat net, année après année. Il faut en distinguer trois niveaux : les frais sur versement (prélevés à chaque prime), les frais de gestion annuels du contrat (sur le fonds en euros et sur les unités de compte), et les frais propres à chaque unité de compte, qui figurent dans le document d'informations clés du support. S'y ajoutent parfois des frais d'arbitrage ou de mandat de gestion. Un comparatif sérieux les met tous côte à côte.

Comment sont imposés les rachats avant 8 ans ?

Un rachat n'est imposé que sur sa part de gains, jamais sur le capital versé. Cette part se calcule au prorata : si votre contrat vaut 100 et contient 20 de gains, un rachat de 10 contient 2 de gains.

Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, les gains rachetés avant le huitième anniversaire du contrat supportent le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu, sauf option globale pour le barème progressif. S'ajoutent les prélèvements sociaux : 17,2 % pour les produits d'assurance vie à la date de rédaction. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 ayant relevé le taux applicable à d'autres revenus du capital, vérifiez le taux en vigueur au moment de votre opération.

Sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux sont généralement prélevés chaque année, lors de l'inscription des intérêts ; sur les unités de compte, ils le sont au moment du rachat ou du dénouement.

Que change le cap des 8 ans ?

Après huit ans, deux avantages s'appliquent aux rachats. D'abord un abattement annuel sur les gains rachetés de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, tous contrats confondus. Ensuite un taux d'impôt réduit à 7,5 % sur les gains, tant que l'encours de primes versées (nettes des primes déjà remboursées) ne dépasse pas 150 000 € par assuré, tous contrats confondus ; au-delà, la fraction de gains correspondante est imposée à 12,8 %. L'abattement ne concerne que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent dus.

Le délai court à partir de la date d'effet du contrat, et non de chaque versement. C'est pourquoi il est souvent conseillé d'ouvrir un contrat tôt, même avec un montant modeste, pour « prendre date ».

Exemple illustratif

Un rachat de 20 000 € sur un contrat de plus de 8 ans

Hypothèses : contrat ouvert depuis 10 ans, valeur 120 000 €, dont 100 000 € de primes et 20 000 € de gains ; personne seule, primes inférieures à 150 000 €.

Part de gains dans le rachat : 20 000 × 20 000 / 120 000 ≈ 3 333 €. Ce montant est inférieur à l'abattement de 4 600 € : aucun impôt sur le revenu n'est dû. Les prélèvements sociaux s'appliquent sur les gains qui n'y ont pas encore été soumis (sur un fonds en euros, ils ont en principe déjà été prélevés chaque année).

Chiffres illustratifs, sur des hypothèses simplifiées : ils ne préjugent ni d'un rendement ni de votre situation.

Que se passe-t-il au décès de l'assuré ?

Les capitaux versés aux bénéficiaires échappent en principe à la succession civile : ils ne sont pas partagés selon les règles d'héritage, mais selon la clause bénéficiaire. Leur fiscalité dépend de l'âge de l'assuré au moment de chaque versement.

  • Primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI) : chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, tous contrats confondus. Au-delà, un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € taxables, puis 31,25 %. L'assiette comprend les primes et les gains.
  • Primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI) : un abattement global de 30 500 € est partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats. Au-delà, les primes sont soumises aux droits de succession selon le lien de parenté. Les gains produits par ces primes sont, eux, exonérés.

Le conjoint marié ou le partenaire de PACS est exonéré dans les deux cas, de même que, sous conditions, certains frères et sœurs. Les prélèvements sociaux restent dus sur les gains non encore taxés au dénouement.

Exemple illustratif

Deux enfants bénéficiaires d'un contrat alimenté avant 70 ans

Hypothèses : capital de 400 000 € au décès, deux enfants bénéficiaires à parts égales, toutes les primes versées avant 70 ans, aucun autre contrat.

Chaque enfant reçoit 200 000 €. Après l'abattement de 152 500 €, 47 500 € sont taxables à 20 %, soit 9 500 € par enfant.

Chiffres illustratifs, sur des hypothèses simplifiées : ils ne préjugent ni d'un rendement ni de votre situation.

À retenir

  • Un rachat n'est imposé que sur sa part de gains, calculée au prorata.
  • Avant 8 ans : 12,8 % d'impôt sur les gains (ou barème sur option), plus les prélèvements sociaux.
  • Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes.
  • Au décès : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (990 I), 30 500 € globaux après 70 ans (757 B).
  • Le conjoint et le partenaire de PACS sont exonérés de fiscalité successorale sur l'assurance vie.

Comment choisir un contrat adapté à votre situation ?

Les écarts entre contrats tiennent moins au nom de l'assureur qu'à la structure des frais, à la variété des supports, à la qualité de la gestion pilotée si vous la souhaitez, et à la souplesse de la clause bénéficiaire. Les comparer est le rôle d'un courtier. Avant toute décision, une simulation permet de visualiser l'effet des versements et de la durée, sans préjuger d'un rendement futur.

Où aller ensuite sur le site ?

KN Patrimoine & Assurances est courtier en assurance (COA, ORIAS 25009835). Le cabinet n'est pas conseiller en investissements financiers et ne délivre pas de conseil fiscal ou juridique : les règles rappelées ici sont générales et doivent être vérifiées au regard de votre situation.

Important

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour toute décision importante, consultez un conseiller KN Patrimoine & Assurances.

Approfondir le sujet

Un conseiller peut vous aider à appliquer ces conseils à votre situation personnelle.

Questions fréquentes

Peut-on retirer son argent d'une assurance vie avant 8 ans ?

Oui. Le contrat n'est pas bloqué : un rachat partiel ou total est possible à tout moment. Avant 8 ans, la part de gains rachetée est simplement imposée sans abattement, au prélèvement forfaitaire de 12,8 % ou au barème sur option, plus les prélèvements sociaux.

L'abattement de 4 600 € est-il valable par contrat ?

Non. Il s'applique chaque année, par foyer fiscal, sur l'ensemble des gains rachetés sur des contrats de plus de 8 ans : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Il ne réduit pas les prélèvements sociaux.

Les gains du fonds en euros sont-ils taxés chaque année ?

Seuls les prélèvements sociaux sont en général prélevés annuellement sur les intérêts du fonds en euros. L'impôt sur le revenu n'est dû qu'en cas de rachat, sur la part de gains rachetée.

Que se passe-t-il si je verse après 70 ans ?

Les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B : un abattement global de 30 500 € s'applique, puis les primes sont soumises aux droits de succession. Les gains générés par ces primes sont exonérés, ce qui conserve un intérêt à verser après 70 ans.

L'assurance vie fait-elle partie de la succession ?

En principe non : les capitaux sont transmis hors succession, aux bénéficiaires désignés. Une exception existe si les primes versées sont jugées manifestement exagérées au regard de vos revenus et de votre patrimoine au moment du versement.