Trésorerie d'entreprise
Découpez votre trésorerie avant de la placer
La trésorerie de votre société
La bonne question n’est pas « où placer » mais « de quelle partie n’aurai-je pas besoin, et à quel horizon ».
Salaires, charges, fournisseurs : ce que la société sort chaque mois.
Une trésorerie qui dort coûte de l'argent
Sur un compte courant professionnel, l'excédent de trésorerie ne rapporte rien et perd chaque année la valeur de l'inflation. Pour une société qui conserve plusieurs dizaines ou centaines de milliers d'euros par prudence, le coût de cette prudence est réel, et il ne figure nulle part dans les comptes.
La bonne question n'est pas « où placer », mais « de quelle partie de cette trésorerie n'aurai-je pas besoin, et à quel horizon ». C'est ce découpage qui détermine les supports, pas l'inverse.
Trois poches, en pratique : le besoin en fonds de roulement, qui reste disponible ; un matelas de sécurité mobilisable sous quelques jours ; et l'excédent structurel, qui peut supporter un horizon de plusieurs années.
Les supports accessibles à une personne morale
Une société ne dispose ni du livret A ni de l'assurance-vie : les enveloppes sont différentes de celles d'un particulier, et leur fiscalité obéit à l'impôt sur les sociétés.
- Le compte à terme : capital garanti, rendement connu à l'avance, en échange d'un blocage sur une durée définie
- Le contrat de capitalisation souscrit par la personne morale : accès à une gamme de supports comparable à l'assurance-vie, avec une imposition forfaitaire annuelle propre aux sociétés
- Les OPCVM monétaires et obligataires court terme, pour une poche mobilisable avec une volatilité contenue
- Les SCPI inscrites au bilan, qui génèrent des revenus réguliers mais immobilisent le capital et supposent un horizon long
- Le compte-titres de la société, pour une poche minoritaire et assumée comme exposée
Pour une société à l'impôt sur les sociétés, le contrat de capitalisation supporte une taxation forfaitaire annuelle calculée sur une base réglementaire, régularisée à la sortie. Ce point se chiffre avec votre expert-comptable avant toute souscription.
Les erreurs à ne pas commettre
Immobiliser une trésorerie dont l'entreprise aura besoin. Un placement long liquidé dans l'urgence transforme une bonne décision en perte, surtout en phase de marché baissier.
Confondre trésorerie d'entreprise et patrimoine du dirigeant. Les deux se pilotent ensemble — la question de la rémunération, des dividendes et de l'épargne retraite du dirigeant se pose en même temps — mais restent juridiquement distincts.
Oublier l'impact comptable et fiscal des supports choisis : certains produits génèrent des écritures ou une imposition latente que votre expert-comptable doit valider en amont, pas découvrir à la clôture.
Questions fréquentes
À partir de quel montant cela vaut-il la peine ?
Dès lors qu'un excédent stable dépasse quelques dizaines de milliers d'euros sur plus d'un an. En dessous, les frais et les contraintes de blocage absorbent l'essentiel du gain attendu.
Le capital est-il garanti ?
Selon le support. Un compte à terme garantit le capital ; un contrat de capitalisation garantit la part investie sur son fonds en euros, mais pas les unités de compte ; les SCPI et les actions ne garantissent rien.
Faut-il l'accord de l'expert-comptable ?
Son accord n'est pas requis, mais son avis est indispensable : le traitement comptable et fiscal des produits choisis a un effet direct sur le résultat de la société. Nous travaillons systématiquement avec lui.
Peut-on récupérer les fonds en cas de besoin ?
Oui pour les supports liquides, avec un délai de quelques jours. Un compte à terme rompu avant l'échéance perd une partie de sa rémunération ; les SCPI supposent de trouver un acquéreur pour les parts.
