Un indépendant assure sa voiture, son local et sa responsabilité professionnelle. Il assure rarement la seule chose sans laquelle tout s'arrête : sa capacité à travailler. C'est pourtant le risque le plus probable d'une carrière — et celui dont les conséquences financières sont les plus immédiates.
Ce que verse réellement le régime obligatoire
Tout dépend de votre statut, et l'écart est considérable.
Un salarié perçoit des indemnités journalières correspondant à environ la moitié de son salaire journalier de base, dans la limite d'un plafond, après trois jours de carence. Sa convention collective prévoit souvent un maintien de salaire complémentaire, pendant une durée limitée.
Un artisan, commerçant ou gérant majoritaire perçoit des indemnités calculées sur environ 1/730 du revenu annuel moyen, plafonnées : de l'ordre de 40 % du revenu mensuel, et rien au-delà du plafond.
Une profession libérale relève de sa caisse : beaucoup n'indemnisent qu'à partir du 91e jour d'arrêt. Les trois premiers mois reposent alors intégralement sur la trésorerie personnelle.
La question à se poser est donc simple : combien de mois pouvez-vous tenir, charges courantes et crédit immobilier compris, avec cela ?
Les trois garanties, dans l'ordre d'utilité
L'incapacité temporaire de travail est celle qui joue le plus souvent. C'est elle qui verse des indemnités journalières complémentaires pendant un arrêt, au-delà du délai de franchise choisi.
L'invalidité prend le relais quand l'état devient permanent, avec un versement sous forme de rente selon le taux retenu. C'est la garantie dont la définition mérite le plus d'attention.
Le décès verse un capital, et éventuellement des rentes, aux personnes que vous désignez. Il se dimensionne sur les dettes à solder, le train de vie à maintenir et le coût des études restant à financer.
Les clauses qui décident de tout
Le délai de franchise : 15, 30, 60 ou 90 jours avant le premier versement. Il pèse fortement sur la cotisation, et doit correspondre à ce que votre épargne de précaution peut absorber.
La définition de l'invalidité : appréciée par rapport à votre profession, ou à toute profession. Pour un chirurgien-dentiste ou un artisan, la nuance décide de l'indemnisation.
Les exclusions : affections dorsales et psychiques sont souvent exclues ou limitées, alors qu'elles représentent une part importante des arrêts longs. Leur couverture, parfois moyennant surprime, est un critère de choix majeur.
Les frais généraux permanents : garantie spécifique aux indépendants, qui prend en charge les charges fixes de l'activité — loyer du local, crédit-bail, salaires — pendant l'arrêt. Les charges, elles, ne s'arrêtent pas.
Le cadre Madelin, et son revers
Les cotisations d'un contrat Madelin se déduisent du bénéfice imposable : l'effort net est inférieur à la cotisation affichée. En contrepartie, les prestations servies deviennent imposables, et certaines garanties imposent une sortie en rente.
Conséquence pratique : une rente Madelin de 2 000 € ne vaut pas 2 000 € nets. Si l'on dimensionne la garantie sur le besoin brut, on se retrouve sous-couvert le jour où elle joue. C'est l'erreur la plus fréquente sur ces contrats.
Souscrire tôt, tant que l'état de santé le permet
Contrairement à la complémentaire santé, la prévoyance repose sur un questionnaire médical. Selon les réponses et les montants garantis, l'assureur peut demander des examens, appliquer une surprime ou exclure certaines pathologies.
Une affection déclarée à 45 ans ferme des portes qui étaient ouvertes à 30. C'est la raison la plus concrète de ne pas repousser le sujet.
Comment nous procédons
Nous partons de vos charges fixes réelles, de votre statut et de ce que verse votre régime, puis nous chiffrons l'écart mensuel à couvrir et le capital à prévoir pour vos proches. Le contrat vient après, et il se compare sur les clauses — franchise, définition de l'invalidité, exclusions — bien avant le prix.
